
Le texte sous les astérisques a été posté le 5 avril 2016.
A l’aune de l’affaire récente et surréalistement bien belge de l’asbl SAMUSOCIAl qui secoue tout le landerneau politique, le contenu de ce petit billet, garde tout son à propos.
Petite synthèse de ce psychodrame: le bourgmestre participe à l’association précitée, subsidée par de l’argent public et des dons privés, et dont l’objet est de venir en aide aux sans abris et aux plus démunis.
Incidemment cette asbl octroie des jetons de présence pour des Conseil d’Administration – 10 par mois ! – qui n’ont pas tous lieu (évidemment avec 10 réunions mensuelles).
Je reconnais humblement avoir manqué d’anticipation et/ou fait preuve de naïveté, car il fallait compter aussi avec l’avidité (?) des politiciens.
Encore une fois, le texte de l’époque est toujours très actuel dans son fonds.
Donc voilà une petite mise à jour en ce 25/06/2017.
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Je m’interroge : où est passée l’éthique, ce mot que l’on associe généralement à la morale et/ou à la déontologie ?
Où est donc cette vertu qui devrait tous nous animer et particulièrement ceux qui nous dirigent, ceux qui nous imposent des lois, ceux pour qui on travaille, et enfin, ceux dont nous admirons les talents sportifs ou artistiques ?
Les Panama Papers apportent une preuve supplémentaire de ce délitement des valeurs auquel nous assistons en ces temps troublés bien que ce dont il est question ci-après soit inhérent à toute société quelle que fut l’époque. Dans l’Antiquité, le Grec Théognis de Mégare disait déjà : on se lasse de tout sauf de l’argent.
Avec les Panama Papers, cette citation se vérifie aujourd’hui encore plus que jamais. Car c’est bien d’argent qu’il s’agit et aussi, quelque part, de cupidité, ce désir immodéré pour la richesse.
A priori, il n’est pas illégal d’avoir une société dans un paradis fiscal. Tout dépend de l’usage qu’on en fait et de la finalité.
Et bien entendu, les personnes dont les noms sont cités dans les médias ont droit au bénéfice du doute tant que les conclusions des enquêtes qui auront immanquablement lieu ne seront pas connues.
Ne nous leurrons pas. Dans les dictatures, les théocraties et les pseudo démocraties, rien ne se passera ou alors ce seront ersatz d’enquêtes et farces de procès. Mais chez nous, dans nos contrées ?
Je crois qu’il est impératif que ces enquêtes soient correctement et efficacement menées, dont les éléments sont traités par un juge d’instruction conformément à ses procédures, et dont le dossier est présenté à l’entité adéquate qui doit statuer sur le renvoi vers la juridiction ad hoc qui elle-même statuera au travers d’un procès donnant lieu à un jugement ou à un non-lieu. Il en va d’abord de la justice tout court. Et de la justice sociale ensuite.
Car l’impôt ainsi éludé est en finale reporté sur ceux qui ne trichent pas, sur ceux qui n’ont pas les moyens de tricher, sur ceux qui ne savent pas tricher. Ce sont ceux-là qui doivent supporter les augmentations d’impôts que les États imposent pour financer leur fonctionnement et combler leur endettement toujours croissant.
Il est vrai que Colbert disait à Mazarin : taxons les pauvres, ils sont les plus nombreux. Il n’empêche que la charge fiscale sur le dos du citoyen devient de plus en plus lourde et ce n’est pas le tax shift en Belgique aux effets marginaux, qui arrangera la chose. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, etc., …
Enfin, il en va aussi de la crédibilité de l’État même. Un État qui ne prendrait pas les mesures réelles (et non aux effets de manches) de renforcement de son arsenal juridique pour lutter contre cette forme de fraude fiscale s’affaiblirait (encore plus). Tout est question de volonté politique.
Et là, on peut aussi s’interroger. Où sont les hommes politiques qui prendront la défense l’État et asseoir son autorité ? Où sont les hommes politiques qui oseront défier le pouvoir des gens qui ont de l’argent ?