
Très chère feuille blanche,
Unie, lignée ou quadrillée, je vous remercie d’exister.
Je vous suis reconnaissant d’être là, disponible en tout temps dans un tiroir, dans une farde ou une mallette, à côté des crayons, stylos à bille ou stylos à plume.
Vous êtes celle à qui sont confiés joies, peines, histoires, questionnements, prières, opinions, considérations, tourments ou sentiments. Vous en devenez par l’écriture de son auteur, la dépositaire discrète et vous en savez finalement plus sur lui que d’autres.
À qui parler sinon qu’à vous lorsque l’âme est en peine, lorsqu’on se sent dupé par quelqu’un en qui on croyait, lorsque la solitude vous assaille, bref lorsque la vie n’est pas drôle.
Certes vous n’êtes pas du tout bavarde. Normal vous êtes discrète. C’est un avantage. Mais c’est aussi un désavantage car vous n’apportez pas de réponses. Vous ne suggérez rien.
Vous participez simplement dans les limites de vos moyens, par votre écoute, à une sorte de débriefing psychologique de celui qui écrit.
C’est déjà beaucoup car coucher par des mots sur le papier c’est déjà l’amorce d’une réponse possible.
Merci beaucoup, très chère feuille blanche.
27/07/2016