Échos des plages

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Sur les routes, dans les gares et les aéroports, les juillettistes croisent les aoûtiens. Nous voilà déjà à la moitié des vacances.

C’est un moment de l’année que j’aime bien. Tout est encore au ralenti. On a eu juillet pour ne rien faire, rêvasser, déjeuner à son aise et lire un livre ou son journal de manière décontractée.

C’est aussi l’occasion aussi de réfléchir sur l’actualité des derniers mois marquée par des évènements dramatiques en Europe et sans précédent pour le pays qui n’avait plus connu cela depuis 20 ans (Affaire Dutroux).

C’est que dans la torpeur de l’été (bof !), notre landerneau politique continue lui, à bruisser de mille déclarations.

Parmi ces dernières, il me parait intéressant de relever celles faites par un parti nationaliste séparatiste du nord du pays dont je tairai le nom.

Certains de ses membres se sont fendus de quelques sorties aux arômes sécuritaires, qui ont agité plus ou moins fort les autres partis.

Il y a d’abord la proposition du président d’établir un « patriot act », une loi d’exception pour lutter contre le terrorisme.

Dans les grandes lignes, cette loi américaine votée sous G. W. Bush dans la foulée du 11/9/2001, autorisait police (FBI) et services secrets (NSA) à accéder aux données des individus et des entreprises, sans autorisation et sans prévenir les intéressés, à perquisitionner en leur absence, à délivrer des mandats sans contrôle judiciaire. Il a fallu le Freedom Act en 2015 pour limiter les pouvoirs du FBI et de la NSA, et rétablir certains droits des citoyens.

Il y a ensuite la levée du secret professionnel d’une catégorie de personnes : employés des CPAS, syndicats, INAMI et ministères. En cas de soupçon de lien avec le terrorisme, ces employés seraient obligés de le communiquer à la justice. Je me trompe ou il y a du Kafka là-dessous?

Enfin, il y a cette suggestion de limiter, au nom de la lutte contre le terrorisme, la liberté d’expression aux « collaborateurs » de ce terrorisme qui expriment leur sympathie via les réseaux sociaux.

Voilà qui est fort pour un parti qui a largement profité de cette liberté pour critiquer / saborder un État et ses institutions qu’il déteste. Piquant n’est-il pas ?

Et serait donc aussi assimilée à de la « collaboration », toute expression de sympathie envers l’idéologie qui a motivé ces actes barbares, ou à l’égard de ceux qui les ont commis.

Voilà qui est encore plus fort pour un parti qui a fait / fait preuve de « compréhension » à l’égard d’une collaboration passée pour laquelle il lui a trouvé / trouve des raisons dans un certain contexte historique.

Je vais et je veux être ici très « crystal clear » : le petit citoyen lambda que je suis ne cautionne ni ceux qui dénoncent leur voisin parce qu’il pense différemment, ni ceux qui soutiennent une idéologie ou une cause nihiliste quelle qu’elle soit. Il faut abhorrer toute cause qui asservit l’humain, toute idéologie qui pousse l’homme contre l’homme.

Comme l’écrivait si bien Saint-Exupéry en octobre 1938 dans 3 articles intitulés « La paix ou la guerre » : « À quoi bon tromper le soutier en le poussant au nom de Beethoven, contre l’homme d’à côté. Quelle duperie, quand on emprisonne Beethoven dans un camp de concentration, s’il ne pense pas comme le soutier ».

Par ce billet, je veux juste pointer les paradoxes dans les déclarations d’un parti par rapport à certains de ses fondements. En politique si c’est rentable à court terme du point de vue électoral, il n’est pas nécessaire d’être cohérent.

D’ailleurs, ce parti profite largement de l’actualité pour montrer via ces déclarations-propositions, qu’il se soucie de la sécurité du citoyen. C’est du concret et du visible immédiatement.

Or des mesures de lutte contre le terrorisme existent déjà. A quoi sert la La loi du 19 décembre 2003 ? Pourquoi ne pas compléter et affiner l’existant?

Tout cela ressemble à de l’opportunisme. Une autre chose est de proposer des plans d’intégration et d’encadrement de certaines populations, dont les effets ne seraient visibles qu’à très long terme, c’est-à-dire à un moment où les citoyens de maintenant ne seraient probablement plus là pour le voir.

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