Nous sommes Sisyphe. Ou pas

PETIT ESSAI SI PEU PHILOSOPHIQUE

(Version provisoire)

Le châtiment de Sisyphe c’est aussi le nôtre. Il est puni par les Juges de l’Enfer pour avoir enfreint à l’équilibre cosmique en enchaînant Thanatos, la personnification de la mort.

Nous, l’Humanité, sommes punis en raison de la faute originelle d’avoir voulu pouvoir décider de ce qui était bien ou mal.

Comme lui, nous gravissons la montagne en poussant notre pierre devant nous. Et tout comme lui, à peine avons-nous atteint le sommet que tout est à recommencer. Et cela, sans fin.

Sur le plan matériel, nous voudrions avoir mais nous n’avons pas. Et quand enfin nous avons, il faut déjà autre chose. À titre individuel, nous voudrions être mais nous ne sommes pas. Et quand enfin nous sommes, c’est seulement pendant une fraction infinitésimale de temps.

À l’échelle de nos vies, notre satisfaction n’est jamais que transitoire, nos moments de bonheur ne sont jamais que fugitifs et nos instants de plénitude fugaces. Rien n’est permanent. Rien ne nous est acquis. Tout est toujours à refaire.

Alors comme Sisyphe, nous roulons notre bosse et notre pierre. C’est l’histoire de l’Humanité. Nous sommes Sisyphe.

Parce qu’il n’y a pas de sens à l’existence, comme l’a écrit Albert Camus, est-il réellement absurde de sans cesse vouloir recommencer voire finalement de vivre ? Faut-il assumer cette absurdité ? Les aspirations des hommes ne seraient-elles finalement que futile vanité ? Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste ; vanité des vanités, et tout est vanité.

Alors pourquoi sommes-nous là ? C’est l’interrogation première du questionnement intérieur de l’Homme depuis la nuit des temps.

C’est la recherche de la réponse à cette question clé qui anime l’Humanité. C’est sans doute elle qui crée cette force intérieure que nous avons appelé espérance.

Parce qu’il est, à la différence de l’animal, un être en quête de spiritualité, l’Homme s’est donné un début de réponse en s’inventant des dieux.

Peut-être même Dieu tout court. Bien qu’Il se soit réellement révélé à quelques personnes ointes qui ont transmis sa Parole aux autres.

Ils se sont donné ainsi le moyen de créer de l’espérance pour combattre l’absurdité de leur existence. Pour se faire pardonner aussi et surtout leurs errements, fautes et échecs.

C’est avec cela qu’ils cherchent à se transcender. Ou pas.

Sur cette terre, nous sommes tous que des passagers qui ont une raison d’exister. Il doit vraiment y en avoir une. C’est ma conviction sauf, que, malgré mes cheveux blancs, je n’ai toujours pas trouvé la réponse qui me concerne. Malheureusement.

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