
Exprimé à la française ou à l’italienne, ton arôme ne change pas. Ton goût reste le même quelle que soit la langue.
Dès ta sortie de la machine à pression, ton parfum emplit la cuisine, titille les narines. et éveille les papilles dans la bouche. Le palais se prépare déjà à ton amertume avant même la première gorgée.
Simple ou serré (ristretto), tu es approprié à toute heure. Ainsi, tu réveilles le petit déjeuner engourdi par un froid matin d’hiver. Tu remues l’estomac à 10 heures. Tu secoues la torpeur d’un après-midi ensoleillé, écrasé sous une chaleur méditerranéenne. Et même le soir, après un bon repas, tu réactives les esprits assoupissants.
Tu es le compagnon, le témoin discret, le support bien à propos de bien des circonstances, heureuses ou pas.
Tu crées de la convivialité entre inconnus sur le zinc du Café du Commerce avant d’aller au boulot.
Tu es joie et passion aussi. Combien de fois n’as-tu pas encouragé les premiers regards échangés avec une inconnue au Café de la Gare. Tu apportes la bonne humeur avec les amis et la famille à l’heure du dessert.
Et tu aides aussi avec cette saveur amère qui est la tienne, étrangement similaire à nos vies pour la plupart d’entre nous, à ravaler les larmes d’une séparation, à consoler pour une amitié qui fout le camp, ou lorsque la tendresse d’un couple est aux abonnés absents.
Né à Turin au 19ème siècle, tu te définis comme un café court, très corsé avec un fort arôme, obtenu par percolation sous haute pression, à travers du café finement moulu et torréfié [i].
Avec le café « normal », tu as conquis le monde et tu t’es fait le concurrent redoutable de ce fade breuvage qu’on appelle thé.
Pour tout cela, tu mérites cette petite ode sans prétention.
Longue vie à toi, Expresso ou Espresso.
[i] Source : Wikipédia