Message pour les fêtes

download

En ces jours où les vitrines des magasins sont fastueusement illuminées, les sapins richement enguirlandés et décorés, et où la fête fleure bon la superficialité et le mercantilisme, je pense à :

  • Une jeune femme qui vit seule avec sa mère et qui m’a dit n’espérer qu’une chose : que cette période soit vite passée ;
  • Une femme d’âge mûr qui ne vit que pour sa fille aux études, qui combine vie professionnelle et ménage dans un grand isolement, le mari étant aux abonnés absents, et dont je perds le contact peu à peu ;
  • Une dame âgée dont une immense solitude mine l’esprit et qui me raconte toujours les mêmes histoires de son vécu personnel, quand je la vois ;
  • Ces gens qui vivent d’une allocation et qui font malgré tout, des cadeaux de quelques sous parce qu’ils n’ont pas plus de moyens, parce qu’un jour ils sont tombés du bateau des heureux qui ont du travail ;
  • Cette femme sans âge emmitouflée dans son vieux manteau, assise sous une couverture sale dans une gare d’autobus balayée de courants d’air, qui m’a interpellé dans un sabir de français approximatif pour me signaler que le distributeur de tickets est en panne ;
  • Ceux qui n’ont rien ou presque et qu’on retrouve à mendier et en errance dans nos rues ;
  • Enfin, à ceux qui ont entrepris un voyage dangereux par terre et/ou par mer, vers ce qu’ils espèrent un endroit meilleur pour envisager leur futur, mais qu’on retrouve à dormir dans des parcs ou des halls de gares.

À tous ceux-là et les autres,et à ceux du temps passé, je demande pardon de :

  • Les avoir ignorés quand tout roulait bien pour moi. Avoir beaucoup d’argent vous rend égoïste. On devient vite un Mr. Scrooge (de Charles Dickens 😉). Et quand on en a, on en veut plus. C’est avec facilité qu’on oblitère dans son esprit la réalité la plus répandue : une partie des gens vit bien et même très bien ; une autre partie, chaque jour grandissante, galère. Et les premiers vivent aux dépens des seconds ;
  • N’avoir pas plus partagé mon bien-être avec ceux qui en avaient besoin. Plus parce que ce devrait être une lutte de tous, et de tous les jours. C’est un « never ending job » dans une société où, de plus en plus, seul compte le profit ;
  • N’avoir pas suffisamment agi à mon époque de vaches grasses, pour que les choses changent ne fût-ce qu’un peu. Ce n’est pas que tout aille mal pour moi, mais c’est lorsque le bien-être et le confort sont moindres, qu’on réalise notre précarité et la vanité (et vacuité) de nos vies.

À plus avec amitié et chaleur.

Laisser un commentaire