Journal de bord (VI)

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Ce jour-là  la pandémie fit un bond important en avant : les nouveaux cas de contaminations, les gens en soins intensifs, le nombre de décès mais aussi, comme une lumière dans la nuit, le nombre de patients guéris ayant pu quitter l’hopital.

Le comportement de la population se modifia. Sous l’influence de la peur de l’infection, le cerveau primitif et le cerveau limbique prirent le pas sur la raison. La fine couche de vernis du civilisé s’écaillait.

Les restrictions imposées par l’autorité pour freiner la propagation du virus furent vues par de nombreuses personnes comme une entrave à la liberté d’aller et venir ou de faire prospérer le business.

Nombreuses furent les réactions agressives à l’égard de ceux que l’on soupçonnait d’être contimanisés même sans symptomes apparents. Même chose à l’égard des sectes, homosexuels ou étrangers.

Nombreux aussi ceux qui  se souvinrent qu’il y avait Dieu, Yahvé, Jéhovah ou Allah. Ils repassèrent le porche d’une église, d’une synagogue, d’un temple ou d’une mosquée pour renégocier avec le Très Haut une nouvelle protection divine en ces temps incertains. 

Un peu comme Abraham le fît lorsqu’il s’est agi de la destruction de Sodome: « Abraham s’approcha, et dit: Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant ? Peut-être y a-t-il cinquante justes au milieu de la ville : les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui sont au milieu d’elle ? Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! loin de toi ! Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice ? « .[Genèse 18:23-25]

Peut-être eût-il fallu quand tout allait encore bien, Lui demander plutôt de nous protéger de la connerie humaine. Car après tout, cette épidémie, née dans une région lointaine, inconnue pour beaucoup,  a pu s’étendre mondialement grâce à l’aveuglement idiot de quelques satrapes au cerveau lessivé, d’un régime pas très démocratique.

« Le jugement n’appartient qu’à Allah : Il tranche en toute vérité et Il est le meilleur des juges »; [Sourate 6 verset 57].

Pourtant ce serait bien qu’Il ne tarde pas trop de s’occuper de tous ceux par qui, le mal s’est répandu en ne prenant pas (ou alors trop tardivement) ou en ne respectant pas les mesures ad hoc.

Il ne peut pas condamner tous ces isolés, confinés forcés dans leur appartement, qui, par solitude, s’adonnent à des plaisirs solitaires pour passer leur ennui.

Ce serait bien aussi qu’Il dispose de plus de ressources. Il s’agit ici de nos anges gardiens.

Pour rappel, un ange gardien est un esprit tutélaire c’est-à-dire une divinité présidant à la destinée d’une personne ou d’un groupe de personnes. Dans le cas présent, le job de l’ange gardien est d’assurer la protection du salut d’un ou plusieurs individus. En somme, une sorte de bodyguard divin.

Or, il n’y en aurait que 72 pour 7,5 milliards d’individus sur terre. Si on compte bien, il y a un ange gardien pour un peu plus de cent millions de personnes. Ça fait du boulot pour chaque ange. Il doit y en avoir des heures supplémentaires et des jours de congé qu’on ne sait pas prendre.

Manifestement il y a un problème d’effectifs au niveau céleste. Il est urgent de recruter du personnel. Ou alors le Très Haut n’a pas les moyens et Il fait avec ce qu’Il a et comme Il peut.

Sans doute tout cela est-il illusoire. Quand notre heure est là et bien, elle est là.

Ciao.

 

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