Journal de bord (VII)

Chernobyl_covid

Tchernobyl vs Pandémie Covid-19

Le 26 avril 1986 à 1h24 le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl explosait.

Le 30 décembre 2019, le Dr Li Wen Liang, un jeune médecin chinois, révélait au monde via les réseaux sociaux l’existence d‘une nouvelle souche de coronavirus de type SARS (SARS-CoV-2). Plus encore, que des patients infectés étaient déjà placés en quarantaine dans un hôpital de la ville chinoise de Wuhan.

Presque 34 ans séparent ces 2 évènements. Rien ne les relie a priori. Et pourtant comment ne pas les rapprocher car on peut leur trouver des ressemblances et des causes similaires.

En résumé, on peut affirmer ce qui suit.

D’abord ils se ressemblent. L’ennemi à fuir ou à combattre est invisible. Pour l’un, ce sont les radiations, pour l’autre un virus transmissible entre individus.

En outre, ils se sont produits ou ont émergé dans des pays dont on ne peut pas dire que les régimes politiques en place ont la culture de la transparence dans leurs gênes. Ce sont des démocraties en façade mais en réalité des états totalitaires.

Silence, mensonge et désinformation assurent toujours le pouvoir d’une élite sur les gens. Ces derniers sont considérés comme des sujets et non comme citoyens. [i]

Et pour être sûrs que tout est sous contrôle, que rien n’échappe ou ne s’échappe, cette élite s’est adjoint les services d’une police puissante.

Cette dernière arrête le médecin chinois – et d’autres confrères avec lui – pour diffusion de fausses rumeurs. Il sera relâché quand les choses seront – mondialement – connues. Entretemps, l’épidémie appelée Covid-19 se répand dans Wuhan ainsi que dans la province environnante de Hubei. Le médecin en mourra quelques semaines plus tard.

Ensuite il y a une certaine similitude entre la catastrophe de Tchernobyl et l’occurrence du Covid-19.

C’est la dissimulation par quelques satrapes locaux lèche-bottes, ambitieux, cyniques et sans doute incompétents, soucieux de ne pas alarmer leur hiérarchie, qui permît à ces évènements de prendre l’ampleur tragique qu’on leur connaît.

À Tchernobyl, aux premiers instants qui suivent l’explosion du réacteur, responsables de l’usine et responsables locaux tentent de minimiser l’ampleur du sinistre, et assurent leur niveau supérieur que tout est sous contrôle.

On notera aussi que la construction du réacteur n° 4 n’était pas entièrement terminée. Et pourtant, il entre en service en 1983 sur base d’un document assurant la fin des travaux. [ii]

Ce n’est que 30 heures après l’explosion qu’on évacue la population de Pripiat distante de seulement 3 km de la centrale nucléaire, et ce sans explication aux gens. C’est l’armée qui se charge de l’évacuation.

Ce n’est que le 23/01/2020 que la ville Wuhan entre finalement en confinement.

Les conséquences sanitaires des retards dans les décisions sont connues.

D’épidémie locale on passe à une pandémie qui infecte la planète entière. Dans les années qui suivirent, nombreux furent les cancers auprès des habitants de Pripiat et des alentours. Nombreuses furent les fausses couches et les naissances d’enfants difformes.

Là où il y aurait divergence, c’est sur la question de l’approche et des moyens alloués. Autant à Tchernobyl on manquait de moyens et d’équipements et l’impréparation était grande, autant en Chine la réaction fut brutalement efficace. Tout est bouclé, plus personne n’entre ou ne sort. C’est la quarantaine forcée.

Conclusion de tout cela : comme le déclarait une actrice française [iii]dans un quotidien belge : « l’un des plus gros fléaux pour l’humanité, c’est la connerie de hommes ».

* * *

[i] Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés, ils deviennent des sujets. (Alfred Sauvy)

[ii] Selon la série télévisée « Chernobyl ».

[iii] Brigitte Bardot.

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