Démocratie – Considérations utopiques

Ce billet, sans prétention aucune, à propos des événements de la semaine dernière aux Etats-Unis. Juste pour mettre sur papier quelques considérations toutes personnelles – et sans doute très ordinaires – afin d’éviter qu’elles ne tournent sans cesse dans la tête.

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C’est qu’il est difficile de ne pas être troublé par ce qui s’est passé au Capitole, voire même inquiet dans la mesure où cela se passe dans la plus ancienne démocratie du monde.

Peut-être eût-il déjà fallu plus s’inquiéter quatre ans auparavant après l’élection comme président, d’un personnage pour le moins douteux.

Ce serait une grave erreur de se contenter de dire simplement que les institutions du pays ont résisté et que l’esprit démocratique a prévalu après la libération du Capitole. 

Et ce serait une erreur plus grave encore que de considérer les quatre années passées, comme un accident de l’Histoire.

Car cette présidence élue donc voulue par les Américains constitue un premier aboutissement du désamour entre une partie de la population et la classe politique traditionnelle.

Cette partie de la population, c’est en grande partie la masse laborieuse mais aussi les sans grade, les victimes de la crise financière de 2008, les laissés pour compte. Bref tout ce qui pourrait s’appeler le précariat (1) . 

Tous ces sans voix ont trouvé en Trump une oreille attentive qui semblait prendre en compte leurs aspirations. À l’inverse de l’élite politique classique plus préoccupée par elle-même.

Et la rhétorique outrancière, mensongère (2) et populiste de Trump a vite fait de les convaincre.

Ce qui s’est passé au Capitole, c’est un second aboutissement et on pouvait le voir venir. Non seulement après le discours de Trump dans la matinée du 6 janvier 2021 mais aussi après les quatre ans de sa présidence. 

Au-delà de ses définitions possibles, la démocratie ne s’impose pas, elle ne se décrète pas et elle n’est pas non plus acquise une fois pour toutes. Elle se construit et se reconstruit jour après jour au-travers des échanges et débats entre groupes dans le respect des différences d’opinions..

Elle n’appartient pas à la seule classe politique. Elle est l’affaire de tous. C’est le devoir du monde politique d’entretenir les ponts avec la société civile, d’être à son écoute et de répercuter au niveau politique.

Elle est renforcée quand elle traduit par l’égalité, la solidarité (3)  et la justice par et pour tous.

Mais elle reste en tous temps, toujours fragile.

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  1. Pour plus d’information sur ce terme, voir  l’économiste britannique Guy Standing :  “The Precariat: The new dangerous class”,  Ed. Bloomsbury, 2011 – traduction en français : “Le Précariat. Les dangers d’une nouvelle classe”.
  2. “Notre époque est marquée par le recul sans précédent d’un des principaux héritages des Lumières : la vérité en tant que pilier moral et politique” : Eva Illouz, sociologue.
  3. « Une démocratie doit être une fraternité. Sinon, c’est une imposture. » Écrits de Guerre (1939-1944) – Antoine de Saint Exupéry.

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