Lettre à M.

Madame,

Puis-je respectueusement vous demander votre appui auprès du Grand Architecte et de son Fils, par ailleurs le vôtre aussi ?

Pas seulement pour moi mais aussi pour tous ceux qui, comme moi, n’ont pas su ou pu être des modèles d’exemplarité au cours de leurs banales vies. Banales parce qu’ils ont vécu comme leurs parents, soigner pour leur famille, pour les enfants qu’ils ont faits, en espérant briller mais sans jamais vraiment y parvenir.

Et parce que ballottés sur la mer houleuse de l’existence par les vents du hasard. Ce n’est pas facile de garder le bon cap lorsqu’on est soumis aux désirs, envies ou ambitions. Et nous avons perdu la pureté de notre âme d’enfant, notre innocence. Celle dont parlait votre Fils à ses apôtres. Celle qui fait que vous vous êtes adressée à ceux qui l’avaient gardée.

Non, on ne cherche pas d’excuses. Les faits sont ce qu’ils sont et ce qui s’est passé est passé. Et on ne cherche pas non plus de circonstances atténuantes. Bien que Là-Haut on aura peut-être encore de la bonté de nous en trouver au moment du décompte final.

Juste qu’on voudrait encore vivre un peu malgré la maladie qui nous guette ou qui nous touche, histoire de présenter un bulletin un peu moins mauvais. Histoire aussi de revoir encore une fois nos proches qui sont loin ou d’essayer de se rapprocher d’eux.

Et puis il y a toujours cette envie qui habite les humains, celle de vouloir laisser une trace pour qu’on se souvienne d’eux. Est-ce de la vanité ?

Mais vous savez ce qui m’occupe et me préoccupe. Je connais votre pitié mais surtout aussi votre affection infinie pour nous tous les humains, dont vous avez accepté d’être la Mère. Plus d’une fois, vous vous êtes penchée sur mon cas et plus d’une fois vous avez plaidé ma cause. Je vous en remercie.

Quelle que soit la décision du Père, je l’accepterai mais je sais que vous ne me laisserez pas tomber.

Ainsi soit-il.

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