
Rassemblés dans le hall d’entrée, ils regardaient les visiteurs entrer et ceux qui partaient. Quelques résidents adressaient à ces gens un timide sourire qui, bien que parfois édenté, adoucissait un peu leurs rides.
Sur leur chaise ou dans leur fauteuil roulant, ils attendaient l’heure du diner et sans doute aussi leur dernier départ.
C’est là que je te déposais assoupie, du moins dans les premiers temps, quand je quittais le home.
Endormie ou assoupie, c’est comme ça que je te retrouvais quand je venais te visiter à l’heure du café de l’après-midi.
Le personnel te réveillait et nous descendions dans la cafétaria et je te racontais les dernières nouvelles de Françoise, Benjamin et Jeremy.
Au début, tu prêtais attention et tu communiquais. Puis, avec le temps et la surdité grandissante, tu t’es murée dans le silence.
Alors, c’est moi qui parlais ou plutôt qui écrivais sur un bloc de papier les choses à te dire.
Et puis un jour, il a fallu commencer à t’aider à boire ton café et manger ton goûter jusqu’à ce que tu ne veuilles plus rien avaler.
Éreintée par tes presque 92 ans de vie, tu voulais partir rejoindre Nonno.
C’est ce que tu as fait un jour de janvier.
À plus, Maman.