Judoka vs. Agent Orange

Voilà deux individus avec lesquels il existe des parallèles dans leur manière d’agir. Tout petit essai de décryptage.

D’abord, le lecteur (1) averti rien qu’à la lecture du titre de ce billet – donc sans regarder l’image ci-dessus – a reconnu de qui il s’agit.

L’un, judoka confirmé, est à la tête d’un immense pays. L’autre, le teint vaguement orangé (2) – et non ce n’est pas le défoliant utilisé par l’armée américaine au Vietnam, Laos et Cambodge (3) – brigue un second mandat.

Premier point en commun: ils fondent leur pouvoir sur une réalité « alternative » qu’ils ont eux-mêmes créée ou qu’ils ont contribué à créer ou dont ils profitent. Et cette réalité, ils doivent l’entretenir pour consolider leur pouvoir ou pour convaincre leur électorat, en relayant toutes les fake news, rumeurs, ragots qui peuvent les servir.

Dans le pays du judoka, il est fortement conseillé d’y croire et de ne pas les mettre publiquement en doute.

Autre point commun de leur discours : leur pays doit retrouver sa puissance d’antan. D’après eux, le pays est soit menacé ou, par une mauvaise gouvernance, perdu de sa grandeur.

Pour le judoka, la fin du pacte de Varsovie et l’éclatement de l’Union soviétique ont été une tragédie. Le rapprochement ces dernières années de l’Ukraine avec l’Ouest constitue une menace pour sa souveraineté, d’où « l’opération spéciale ».

En réalité, c’est surtout sur le grenier à blé qu’il lorgne (4). Rappelons-nous la famine (Holodomor) organisé par le régime de Staline, dont ce pays a souffert.

Pour l’agent orange en campagne présidentielle, le pays est en déclin par la mauvaise gestion de l’administration actuelle. Cette dernière est accablée de tous les reproches : migrations non contenues, croyance au changement climatique, interruptions de grossesse super laxistes, insécurité, etc.

Dans la réthorique utilisée, tous deux désignent un ou des coupables – donc des boucs émissaires. Pour l’un, c’est le monde occidental en décadence, l’OTAN ou l’Union Européenne. Pour l’autre, ce sont les migrants qui sont les responsables de toutes les exactions commises quitte à travestir, si nécessaire, la vérités des faits. C’est aussi l’administration en place jugée incompétente pour gérer le pays.

Bref avec ces deux là possiblement au pouvoir dans quelques semaines, on est mal embarqué. Et si c’est le cas, à l’horloge du monde, il sera minuit moins cinq 😕.

* * *

(1) qui se serait éventuellement égaré sur ce blog 😉.

(2) J’ai trouvé le terme « orange agent » utilisé par une éditorialiste du journal The Boston Globe, pour désigner Trump.

(3) Le produit est cause de cancers, malformations congénitales et troubles hormonaux pour ceux qui y ont été exposés. Bref un produit « dangereux » autant que le personnage en question.

(4) C’est l’opinion de ma dietétiste 😉.

Laisser un commentaire